Go to Top

Comment trouver la bonne distance dans ses relations avec ses beaux-parents ?

Une belle-mère trop envahissante? Un beau-père qui veut avoir le dernier mot sur tout? Serait-ce le moment de devenir une belle fille ou un gendre rebelle? En effet, face à une telle situation, le conjoint offensé accuse souvent l’autre de se mettre du côté du parent fautif plutôt que de plaider en faveur du couple. C’est une tension qui peut durer sur le long terme et même lorsque le couple est marié depuis plus de cinquante ans.

Voici donc une sélection de plusieurs avis de psychologues spécialisés dans les relations familiales pour mieux comprendre les causes de ces malentendus et trouver par la suite des solutions pour avoir une relation pacifique avec le beau-père et la belle-mère âgés.

Belle-famille intrusive : un problème d’émancipation

Selon de nombreux professionnels, la relation problématique avec le beau-père vient du manque d’indépendance de l’un ou des deux partenaires par rapport à la famille d’origine. C’est une émancipation qui n’est pas toujours facile à réaliser car elle implique différents aspects pratiques et émotionnels de la vie d’une personne. Il s’agit notamment de couper le cordon avec la famille d’origine, de mener une vie solitaire, être financièrement autonome, savoir faire ses propres choix, avoir une vision autonome de la réalité et être capable de distinguer ce que l’on veut vraiment des attentes des autres.

Si cette indépendance fait défaut, les opinions, les actions et les choix des parents vont interférer inéluctablement avec le couple. A ce propos, les psychologues soulignent que les deux partenaires doivent fixer des limites claires entre leur famille et leurs familles d’origine respectives afin d’éviter que la belle famille s’immisce dans leur vie privée. Les partenaires peuvent également se tourner vers un psychothérapeute pour se faire accompagner dans ce processus.

En fait, si les deux partenaires ne parviennent pas à s’émanciper de leur famille d’origine dans les premières années de leur vie commune, le lien de dépendance se maintiendra et il sera d’autant plus difficile de fixer des limites face aux exigences de la belle-famille une fois qu’ils seront âgés. D’une part, les enfants peuvent se sentir obligés de rendre la pareille à leurs parents pour la présence et le soutien qu’ils ont reçus tout au long de leur vie. D’autre part, les parents, une fois entrés dans le troisième et le quatrième âge, s’attendent souvent à cette reconnaissance qui influence inévitablement aussi la dynamique de la famille et du couple. Du coup, certains beaux-parents âgés décident d’emménager chez leurs enfants.

Ainsi, selon les psychologues, l’origine du conflit ne se trouve pas tant dans la relation avec la belle-mère envahissante ou le beau-père à l’ancienne, mais dans l’incapacité de détacher le partenaire de sa famille d’origine. Dès lors que ce lien de dépendance se desserre, plus vite une relation pacifique pourra être établie entre les deux partis.

La relation avec la famille d’origine : différences, nouveaux équilibres, nouvelles limites à délimiter

La relation d’un couple ne peut ignorer la relation avec les familles dans lesquelles les deux partenaires ont grandi. Chacun d’entre eux a une vie familiale, une histoire de relations, des attentes, des codes reconnus et partagés qui sont souvent différents de ceux de l’autre.

Dans certains cas, malgré cette diversité, une relation positive et un dialogue serein avec la belle-famille peuvent être établis. Dans d’autres cas, cependant, la relation avec les parents du partenaire peut devenir conflictuelle et avoir un effet négatif sur la relation. Cela se produit surtout dans les moments de difficulté auxquels les deux partenaires doivent faire face au cours de leur évolution en tant que noyau familial. Il s’agit notamment de la formation du couple, qui peut être suivie de la naissance des enfants qui, à un certain moment grandissent et deviennent des adolescents (noyau avec enfants adolescents) puis des adultes (famille avec enfants adultes). Enfin, le cycle se termine avec le ménage dans la vieillesse. Les relations entre la belle-famille et les partenaires ont donc tendance à évoluer en fonction de l’organisation familiale et des besoins de la vie. Dans la plupart des cas, les problèmes surgissent souvent à la naissance des enfants.

Dans cette phase, le couple doit retrouver un nouvel équilibre et pour ce faire, il a besoin d’une aide qui peut être d’ordre financière ou organisationnelle pour la gestion des enfants. Les beaux-parents, devenus grands-parents, participent donc activement à la vie familiale. Ce sont eux qui, dans de nombreux cas, gardent les petits-enfants lorsque les parents doivent retourner au travail après le congé parental, les emmènent à l’école et les aident pour leurs devoirs. Une responsabilité qui les légitime pour donner des conseils et des avis sur l’éducation des petits-enfants et la gestion de la maison. Selon les psychologues, il est normal que les grands-parents aient leur mot à dire. Et même lorsqu’ils exagèrent, c’est aux parents de pouvoir se libérer de leur jugement et de s’unir pour protéger leur mariage et leurs choix éducatifs pour leurs enfants.

Parfois, la nouvelle famille se rapproche des parents de l’un des deux conjoints ou même dans la même maison. Ce qui lie encore plus la nouvelle famille à l’une des familles d’origine. Il devient donc plus difficile de desserrer le lien de dépendance entre les deux familles et en conséquence, vivre sous le même toit peut exacerber une relation déjà difficile avec la belle-famille.

Est-ce que le fait de prendre de la distance aide ? Cela dépend, disent les professionnels. Bien qu’éviter la proximité très étroite puisse contribuer à réduire la dépendance vis-à-vis de la famille d’origine, cela n’est pas suffisant. Il est également nécessaire d’étudier les liens émotionnels qui unissent les enfants et les parents. Pour cela, il faut garder à l’esprit que lorsque les proches vieillissent et ne sont plus autonomes, ces derniers seront à la charge du couple. augmente et même ceux qui ont atteint une bonne indépendance émotionnelle et financière par rapport à leur famille d’origine doivent à nouveau trouver un nouvel équilibre pour eux-mêmes et leur famille.

Comment entretenir des relations sereines avec la belle-famille au troisième et quatrième âge ?

Comment fixer des limites claires et trouver un équilibre qui satisfasse tout le monde ? Les experts s’accordent à dire que ce n’est pas facile. En fait, pour avoir une relation sereine, il est important que les deux partenaires continuent à se parler et défendent leur famille à l’unisson pour poursuivre leur projet de vie ensemble.

Il peut arriver que les parents et la belle-famille âgée souhaitent rester autonomes et préserver leur identité d’adulte en refusant catégoriquement de se faire aider même s’il est évident qu’ils requièrent une assistance. En effet, ils ont peur de perdre le contrôle et se sentent donc frustrés, surtout si au cours de leur vie ils ont toujours été indépendants et utiles aux autres. Certains vont même jusqu’à sombrer dans la dépression. Face à cet état de fait, les psychologues soulignent que ces sentiments douloureux doivent être reconnus et compris par les enfants et leurs partenaires car souvent, derrière une belle-mère envahissante ou un beau-père autoritaire et égoïste, il y a une personne qui a peur et qui souffre. Se mettre à leur place permet donc de faire fi de certaines attitudes et exigences perçues comme offensantes ou excessives.

Dans d’autres cas, il y a les deux partenaires qui ne savent pas comment aider le parent âgé dont ils ont la responsabilité. Ils ne sont plus seulement les parents de leurs enfants, mais aussi les parents de leurs propres parents. Ils se sentent impuissants face à l’état de dépendance du proche âgé et ressentent un fort sentiment de culpabilité, de douleur, de colère et de frustration dans la mesure où ils aimeraient alléger les souffrances de leur proche dans leur vieillesse. Les psychologues soulignent qu’il s’agit d’une situation extrêmement stressante dans laquelle il est important de demander de l’aide surtout lorsque la personne âgée n’est plus autonome.

Sachez que c’est un fardeau qui ne peut être porté seul. Faîtes-vous aider par des médecins ou des psychologues en vue de préserver l’équilibre de votre famille que vous avez mis tant d’années à bâtir.