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Les liens sociaux permettent-ils de vivre plus longtemps ?

Le lien entre les relations sociales et le bien-être physique est suspecté depuis plusieurs années. Un groupe a constaté que les amitiés étroites ont un effet positif sur la durée de vie. Auparavant, les primatologues avaient supposé que la position au sein du groupe était particulièrement importante pour la santé des babouins. Une position élevée signifie, après tout, un accès préférentiel à la nourriture, mais apparemment cet avantage n’est pas si important que les liens sociaux ne peuvent pas le compenser. Les scientifiques ont supposé que les animaux ayant des amitiés et des partenariats étroits souffrent moins du stress que les animaux isolés.

Les liens sociaux contribuent à la santé physique, en particulier au début et à la fin de la vie

L’étude récemment publiée par Yang et ses collègues s’appuie sur les anciennes conclusions : des chercheurs de l’université de Caroline du Nord confirment que les liens sociaux sont importants pour la santé. Le groupe a également voulu savoir comment les relations sociales influencent exactement la santé et dans quelle phase de la vie les liens étroits avec les autres êtres humains sont les plus importants. Yang et al. ont utilisé quatre échantillons américains représentatifs pour leurs recherches. Différentes dimensions des relations sociales, telles que l’intégration, le soutien et la stabilité, ont été combinées avec des marqueurs de santé physique tels que la pression artérielle, les marqueurs d’inflammation (CRP), la circonférence des hanches et l’indice de masse corporelle (IMC). Les résultats ont été considérés séparément pour chaque durée de vie. Il est intéressant de noter qu’un degré élevé d’intégration sociale est associé à un risque moindre de dysfonctionnement physique, en particulier chez les jeunes et les personnes âgées. L’isolement social a non seulement augmenté le risque d’inflammation à un jeune âge, mais a également favorisé l’hypertension artérielle. Le facteur “isolement social” a même eu un effet plus négatif sur la pression artérielle plus tard dans la vie que le diabète ou l’âge lui-même. Si les liens sociaux sont apparemment très importants pour la santé au début et à la fin de la vie, ils jouent un rôle moindre à l’âge moyen : apparemment, au milieu de la vie, il ne s’agit pas tant d’un grand réseau social qui renforce la santé, mais plutôt de la qualité des relations qui est importante pour le bien-être personnel.

“La relation entre la santé physique et le degré d’intégration sociale est plus prononcée au début ou à la fin de la vie et moins importante entre les deux. Au milieu de la vie, c’est la qualité plutôt que la quantité qui compte”, résume Harris.

Aucune déclaration de cause à effet n’est encore possible

Les primatologues ont supposé que leurs résultats pouvaient être transférés à l’homme. Une grande méta-analyse de la même année leur donne raison : les données de 140 études impliquant plus de 300 000 volontaires ont été comparées. Les liens sociaux semblent être bons pour une longue vie, même chez les humains. La probabilité de survie augmente de 50 % par rapport aux personnes socialement inactives, tant que l’on a un solide cercle d’amis. La solitude est donc tout aussi néfaste que la consommation régulière d’alcool et peut être encore plus néfaste que le manque d’exercice ou l’obésité.

Bien que l’étude contribue à clarifier la relation entre les liens sociaux et la santé, qui est étudiée depuis une vingtaine d’années, aucune déclaration ne peut être faite sur les causes et les effets. Il se peut que les personnes en bonne santé soient simplement plus disposées à se socialiser et à se déplacer dans la société. Inversement, la maladie en tant que stigmate social peut conduire à l’isolement. La clé d’une vie saine se trouve peut-être en fait dans notre interaction sociale.

Quoi qu’il en soit, en tant que médecin, vous devez non seulement informer sur les facteurs de risque importants tels que la consommation de nicotine ou l’obésité, mais aussi examiner de près les conditions de vie du patient.