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Augmentation des taux de cancer colorectal chez les jeunes adultes

Des études menées dans les pays à revenu élevé, à l’exception de la Scandinavie, montrent une diminution globale du cancer colorectal KRK. Toutefois, la tendance inverse se retrouve chez les jeunes adultes dans presque tous les pays, on observe une augmentation des taux de KRK chez les moins de 50 ans, mais ce n’est que récemment que cette question a fait l’objet d’une plus grande attention. Quelques jours plus tôt, un bon éditorial dans le British Medical Journal cherche les raisons de ce changement.

L’augmentation des cohortes successivement plus jeunes est de plus en plus forte.

Une étude récente a évalué les données de 144 millions de personnes de 20 pays européens, dont 188 000 ont développé une CDE. En moyenne, l’incidence du CCR a augmenté de 7,9 % par an chez les 20 à 29 ans, de 4,9 % par an chez les 30 à 39 ans et de 1,6 % par an chez les 40 à 49 ans. L’augmentation a commencé le plus tôt chez les 20 à 29 ans et a été suivie par les cohortes d’âge les plus élevées suivantes, à savoir les 10 à 20 ans. Non seulement les taux de CCR augmentent dans cette tranche d’âge, mais des stades plus avancés sont rencontrés lors du diagnostic initial, ce qui suggère une augmentation réelle du développement de carcinomes invasifs à un âge plus précoce.

Causes possibles : presque toutes modifiables

Aujourd’hui, certains lecteurs peuvent penser que les jeunes patients atteints de CCR sont plus susceptibles d’avoir des troubles héréditaires. Mais bien que ces patients soient beaucoup plus sensibles aux influences environnementales, ils peuvent expliquer tout au plus une petite partie du changement de tendance générale. Il est probable que les changements dans les habitudes et l’activité de consommation fassent augmenter la fréquence de la CDE dans les cohortes de naissances successives des populations nées en Europe. Les facteurs de risque qui, dans de nombreuses études dont certaines sont spécifiques, sont liés à l’apparition du CCR sont la consommation de viande rouge et de viande transformée, l’alcool, le sucre, le tabac, le peu d’aliments végétaux, le manque d’exercice et l’obésité. L’augmentation des CDE chez les jeunes dans les pays à haut revenu a commencé après la Seconde Guerre mondiale et la consommation de sucre, de tabac, d’alcool et de viande a considérablement augmenté. L’obésité et l’inactivité ont également augmenté à partir de cette époque. D’autres facteurs environnementaux, devenus plus fréquents, peuvent également avoir contribué à ce changement. Il s’agit notamment de l’utilisation accrue des thérapies antimicrobiennes et donc des perturbations de la flore intestinale, mais aussi d’autres composés ayant des propriétés antibiotiques, comme le triclosan qui est ajouté à de nombreux produits antibactériens, désinfectants et cosmétiques. L’herbicide glyphosate, qui est largement utilisé, est également capable de modifier de manière significative le microbiome gastro-intestinal même à petites doses, en particulier au début du développement, avant le début de la puberté. Toute perturbation du microbiome intestinal semble être principalement liée à une exposition très précoce à des substances ayant une activité antibiotique.

Les stratégies de prévention primaire basées sur la population sont désormais essentielles.

D’autres cancers sont également en augmentation chez les jeunes adultes, notamment ceux liés à l’obésité. En outre, l’activité physique ne réduit pas seulement le risque de cancer, mais augmente également les chances d’obtenir un meilleur résultat, même dans le cas de tumeurs existantes. L’incidence croissante des CRC chez les jeunes adultes au cours de cohortes successives pourrait, à un moment donné, arrêter ou inverser la baisse générale des taux. Cet effet est susceptible d’être retardé par des mesures de détection précoce. Faut-il alors commencer à dépister à un plus jeune âge ? C’est une question que tout le monde peut se poser : est-il judicieux de penser d’abord à la prévention secondaire, alors que les facteurs de risque sont clairement connus et qu’une prévention primaire efficace serait possible ? Les auteurs de l’éditorial concluent également par le message que la rapidité et la dynamique de l’augmentation de la prévalence des facteurs de risque est le problème auquel il faut s’attaquer beaucoup plus efficacement.