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Harcèlement, dépression : comment éviter le pire

Des seniors épuisés moralement et physiquement par un environnement professionnel totalement inadapté, cela existe. Mieux vaut consulter avant que la situation soit irréversible.

Gérer son stress

Après vingt-deux ans au contact de la clientèle, il n’a fallu que trois mois à Pierre, 56 ans, muté d’office au milieu de jeunes diplômés survoltés derrière des ordinateurs reliés aux places boursières, pour plonger dans une dépression grave. Martine, 53 ans, a eu bien du mal à encaisser l’entretien d’évaluation au cours duquel son supérieur lui a dit qu’elle n’était « pas très décorative ».
« Lorsque ces personnes viennent me voir, je leur apprends à gérer le stress, avec des conseils au cas par cas. C’est toujours une histoire personnelle », explique Marie-France Hirigoyen. Psychiatre, elle a été la première à dévoiler la violence perverse au quotidien dans Harcèlement moral, puis dans Le harcèlement moral dans la vie professionnelle (Editions Pocket).

• Refuser l’engrenage

« Certains doivent “tenir” pour obtenir leurs trimestres, alors, il faut résister, en se faisant aider par les syndicats, les médecins, les psychologues. Mais je recommande parfois de quitter l’entreprise avant d’être détruit et de détruire l’entourage familial. »
L’important, c’est de ne pas mettre un pied dans la spirale de l’isolement et de la culpabilité. « Mon conseil : allez voir votre médecin du travail, parlez-lui de vos difficultés. C’est le temps et le poste de travail qu’il faut changer, pas l’homme ! » martèle le Dr Annie Touranchet, médecin inspectrice du travail et de la main-d’œuvre dans les pays de la Loire.

• Transmettre l’information

« Le médecin du travail est aussi un passeur de parole entre le salarié et ses dirigeants », estime le Dr Philippe Clot, médecin du travail depuis trente-deux ans, à Briey, en Moselle. Il est lucide : « J’ai gagné la guerre du siège assis-debout dans les salons de coiffure de mon secteur, perdu celle de la journée continue ».
Son dada : convaincre les salariés, et particulièrement ceux qui souffrent, de préserver à tout prix leur mode de vie. « Il faut trouver des lieux où l’on soigne sa forme, où l’on est reconnu comme un humain de valeur. » Alors, depuis des années, il fédère les salariés dans des actions théâtre, les retrouve le dimanche dans des groupes de footing…

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